DU MALI AU BURKINA FASO
UN EXTRAIT D'UN DE MES CARNETS DE VOYAGE QUI RACONTE MON PASSAGE ENTRE LE BENIN ET LE BURKINA FASO.
Bonne route!
Départ de Mopti le 21/10/2009 au matin pour rejoindre Ouagadougou au Burkina Faso. Une distance de 490 km sépare les deux villes…………départ un matin à 7h30……… arrivée le lendemain vers 17h.
Réveil 6h00 pour être au rendez vous à 7h à la gare routière de Mopti. Question anodine, à quelle heure part le "taxi brousse". Un silence.....même question un peu plus tard........entre 8h00 et 11h00.....quand il sera plein !
Nous partirons à midi.
La matinée se passe à attendre et observer les vendeurs ambulants qui proposent à peu près tout et n'importe quoi. Ici les cireurs de chaussures sont remplacés par les hommes qui te font les ongles des pieds et des mains en attendant le bus.
Enfin, vers 11h ça bouge et nous allons charger les sacs......Ah!!! ce n'est pas le bus qui était prévu avec lequel nous allons partir. Le premier était déjà très ......très ......abimé. Le nouveau tombe en ruine.
Pas de démarreur, il faut pousser….., pas de frein à main, une pierre sous la roue suffit…………, aucun affichage ne fonctionne sur le tableau de bord, le principal c’est que ça roule………………, pas de clé de contact, ça sert à rien puisque en touchant les fils ça marche)………. Pour arrêter le moteur, il faut tirer sur une ficelle qui sort du plancher......Nous faisons le plein d'eau......du radiateur, d'huile dans le moteur et d'essence mais juste ce qu'il faut.
Et nous voilà partis.
Le Bus se remplit un peu plus au fur et à mesure du trajet. Je pensais être bien à l'avant à côté du chauffeur. Grave erreur : le moteur chauffe, l'isolation thermique est inexistante et dehors il fait 40°. Ma vitre est bloquée en position basse....en fait le mécanisme pour la remonter a disparu. Pourvu qu'il ne pleuve pas.
A 50km de Koro qui se trouve juste avant la frontière, un grand bruit se fait entendre. La piste est pleine de trous. Plus ou moins gros et visiblement, nous avons un problème .....La barre de transmission ....Une goupille au niveau de la mâchoire vient de casser. Pas de problème le mécano du taxi brousse la démonte. Ah la clé est trop large pour l'écrou...Un petit coup de masse sur la clé pour l'ajuster et ça devrait aller....ah mince, la clé vient de casser. Un autre taxi brousse s'arrête à notre hauteur. Discussion et devinez ce qu'ils sortent de l'autre taxi....bah! une autre barre de transmission. On remonte cette nouvelle barre et c'est reparti. Quelques centaines de mètres plus loin, un autre bruit. Cette fois c'est juste un ‘’truc’’ qui ne tient pas bien qui tombe. Une petite lanière en caoutchouc et c'est reparti pour de bon cette fois.
Au village d'après, le taxi brousse qui nous a dépanné veut récupérer sa barre de transmission. Démontage de cette dernière dans le garage local. Il ne reste plus qu'à réparer la nôtre. Une heure après c'est chose faite. Un orage éclate. Ca commence par une tempête de sable où tu ne vois plus rien et après c'est la pluie. Ma vitre à l'avant est remontée à la main et bloquée avec un tournevis. Nous arrivons de nuit à Koro. Le chauffeur a mis les phares dix minutes avant d'arriver. Nous ne voyons plus rien sur la piste et prenons les trous avec violence la plupart du temps.
En arrivant à Koro, je téléphone à une personne qui habite ici et qui pourra m'aider à trouver un coin ou dormir. Mon téléphone Malien sert beaucoup ici. Papayaro, c'est son nom, vient me chercher à "l'arrêt de bus". Un toubab chez lui, c'est la fête ! La proposition d'une douche est la bienvenue, je suis dans un état lamentable. Il s'inquiète quand même de savoir si la douche malienne me suffit. A savoir, un seau d'eau dans un espace clos à ciel ouvert qui sert également de toilette (un trou). Je vous assure que c'est le bonheur après la journée en taxi brousse.
Je suis invité à manger. Du riz en sauce avec un peu de viande. Le tout servi dans une bassine où tout le monde mange avec la main droite. Ca fait deux mois que je mange régulièrement de cette façon, je commence à être habitué. Le plus dur à manger avec "la" main ce sont les spaghettis.
Papayaro m'a réservé une chambre dans un campement pour touristes. Un lit avec moustiquaire dans un espace ouvert et heureusement qu'il l'est car la chaleur est dure à supporter.
Le lendemain, il vient me chercher et me propose le petit déjeuner chez lui. Des tomates avec des sardines à l'huile! C'est la première fois que je mange des sardines à l'huile depuis que je suis parti. Pour le petit déjeuner, c'est un peu violent. Je fais honneur au plat car je sais que c'est pour faire plaisir.
Nous allons ensuite nous renseigner sur l'heure de départ du prochain taxi brousse pour Ouaga. Quand il sera plein!!! Il peut contenir 22 personnes et pour l'instant nous sommes 5. Il y deux toubabs avec moi et après avoir discuté, nous proposons de payer plus cher pour partir le plus tôt possible. Après négociation , nous partons à 10h30.
Le nouveau taxi brousse est du même type que la veille. Son chauffeur roule très doucement. Je pense qu'il a peur que le véhicule ne se casse. On voit la piste depuis l'habitacle.
Nous nous arrêtons 4 fois pour présenter papiers et visa pour passer la frontière. La police Malienne, la douane Malienne, la douane Burkinabé et la police Burkinabé.
Nous arrivons vers 15h à Ouahigouya. Coup de bol (il en faut un peu quand même), un bus repart pour Ouaga dix minutes après. Celui ci, est un vrai bus, la piste est maintenant du goudron et .......le chauffeur se prend pour Fangio. Les piétons, charrettes, bœufs, moutons et chèvres ont chaud à leurs poils sur tout le trajet. A 17h nous sommes à Ouagadougou.