MISSION EN MONGOLIE
AOÛT 2011 EN MONGOLIE
Soutien à la protection de la biodiversité par l'apiculture biologique.
Pays que beaucoup ont du mal à situer sur l’atlas.
Deux fois et demi la surface de la France.
Entre la Russie au Nord et la Chine au Sud. Un pays à l'histoire mouvementée.
La Mongolie a connu
son heure de gloire au XIII siècle.
Gengis KHAN réussit à cette époque à unifier les différentes tribus présentes en Mongolie pour créer un empire.
Le pays garde en mémoire cette partie de l’histoire et nombreuses sont les représentations du grand KHAN .
Avec moins de trois millions d’habitants sur l’ensemble du territoire dont environ la moitié vive dans la capitale OULAN BATOR, on devine aisément qu’il n'y a pas foule dans le reste du pays.
Deux jours pour récupérer mon bagage qui a dû se perdre entre Moscou et Beijing.
Deux jours pour avoir un aperçu d’une ville en pleine expansion.
Des chantiers partout. Immeubles, hôtels , usines , routes ….des bouchons à n’en plus finir. Un centre ville très rutilant avec les centres commerciaux qui fleurissent.
La périphérie est moins attrayante.
Les bidonvilles sont bien présents... eux aussi en pleine expansion.
Constat d’un pays qui est en pleine évolution et où beaucoup ont compris qu’il y avait de l’argent à gagner.
La Mongolie possède des richesses naturelles très importantes.
La course à l’appropriation de ces richesses bat son plein et de nombreux pays voudraient bien récupérer un maximum de participation à l’exploitation de ces richesses.
Mes bagages retrouvés, nous partons vers notre destination.
Un camp d’éléveur à environ 80 KM de la capitale. Une heure de route et trois heures de piste. Les images ressemblent à un livre d’histoire ouvert au chapitre de la vie à la campagne au siècle dernier. Des paysages à perte de vue. Les seules habitations que nous croisons sont des yourtes.
Autour de ces camps de yourtes, des troupeaux ……...vaches, moutons, chèvres, yachs et bien sûr des chevaux.
Le cheval est un animal culte en Mongolie.
Tous les ans à l’occasion de la fête du Naadam, des courses de chevaux sont organisées dans tout le pays.
Des enfants de 5 à 12 ans montent les chevaux lors de ces chevauchées qui sont également retransmises sur les chaînes télé locales.
Après deux heures de pistes nous arrivons à notre campement occupé par deux éleveurs. L'un d’entre eux s’occupe des vaches et l’autre des chevaux.
Nous montons nos propres yourtes. Une servira surtout pour la cuisine et prendre nos repas et l’autre pour dormir.
Nos yourtes ne sont pas aussi authentiques que celles de nos voisins mais se montent selon le même principe.
Nous terminerons notre installation de nuit. Ici, pas d’électricité. L’eau courante ? Oui, avec le puits qui se trouve à une dizaine de mètres et qui fonctionne avec un groupe électrogène.
Ce dernier sert surtout pour deux choses : Alimenter les abreuvoirs des animaux et remplir les bacs des pots à lait pour que ces derniers restent au frais.
Le lendemain matin, nous découvrons l’ environnement qui sera le nôtre pendant les quinze prochains jours.
Toro l’éleveur de chevaux etTogui l’éleveur de vaches avaient un rythme immuable tous les jours. Debout à 4H30 pour aller rassembler les chevaux pour l’un et les vaches pour l’autre.
TORO revenait au petit jour avec son troupeau. Togui quant à lui s’occupait de traire les vaches. Une fois la traite terminée, le rituel du thé au lait me permettait de les rejoindre dans leur yourte et de participer un peu à leur quotidien.
Le thé se fait avec de l’eau que l’on fait chauffer dans une grande bassine en fer blanc.
On rajoute le lait qui vient d’être trait et un peu de brindille de thé …...à cette heure de la journée où la température avoisine souvent les 3 à 5 degrés, un vrai bonheur!
Seule frustration, la communication très difficile à cause de la barrière de la langue.
TORO et TOGUI ne parlent que le Mongol et …...pas moi.
Les gestes, les regards suffisent pour qu’une relation s’installe mais j’aurais aimé pouvoir aller plus loin et en savoir un peu plus sur leur condition de vie.
Je garde un souvenir très fort de ces débuts de journée où le troupeau de chevaux arrivait de nulle part. Les images et les couleurs différentes chaque jour. Dans la grisaille, dans la brume ou avec un soleil levant qui rend ces moments inoubliables.
La mission qui nous a amenés dans cet endroit semble bien loin des descriptions que je viens de faire.
Jusqu’à maintenant nous n’avons pas vu une seule abeille. Nous nous rendons à cinq kilomètres de notre campement pour rencontrer Mme Selengue.
Madame SELENGE est docteur en biologie avec comme spécialisation l’apiculture. Elle est à l’origine d’une espèce d’abeille qu’elle a créée ( KHALIUN ) et qui a pour caractéristique d’être très résistante au dur climat de la Mongolie.
Le but de son action est de promouvoir l’apiculture dans son pays et d’apporter à des familles nécessiteuses un revenu complémentaire. Reconnue au niveau international dans le milieu de l’apiculture, Mme SELENGE a cependant beaucoup de difficultés à poursuivre son action. Le centre de recherche qu’elle dirigeait depuis plusieurs dizaines d’années vient d'être saisi par les représentants de la ville.
Nous sommes allés la rencontrer dans son « campement d’été » qui se trouve à cinq Kilomètres du nôtre. Une femme de 65 ans qui a consacré plus de 35 ans de sa vie à cette activité. Pendant l’été, elle déplace une cinquantaine de ruches dans cet endroit qu’elle a choisi tout particulièrement pour qu’aucune inter action humaine ne puisse se faire ressentir.
Ici, pas d’électricité, pas d’eau courante. L’eau qu’elle utilise provient d’une source naturelle qui se trouve quelques centaines de mètres plus bas. Juste un poêle à bois pour mieux supporter les nuits fraîches.
Pendant les mois de Juillet et Août, Mme SELENGE vit ici dans une roulotte de 4m sur 2m.
Elle nous invite ensuite dans son habitation pour nous offrir une infusion de plantes qu’elle a cueillies elle-même accompagnée de Miel qu’elle vient de prélever dans une ruche.
Le fait que son centre de recherche soit fermé réduit considérablement les activités qui étaient prévues pour la mission .
Nous passerons les prochains jours à nettoyer les ruches qui sont stockées dans notre campement. Travail long et fastidieux, nous gratterons, nettoierons l’intérieur et l’extérieur d’une dizaine de ruches ainsi que des cadres qui servent de support au miel.
Entre les séances de nettoyage, nous profitons de l’environnement en partant à pied visiter les environs. Des prairies à perte de vue avec de temps en temps des yourtes qui abritent des éleveurs. Des forêts également peuplées d’animaux sauvages. Le loup est présent dans la région. Nous croisons de temps en temps des campements d’hiver qui sont vides à cette époque de l’année.
Difficile d’imaginer les conditions de vie que doivent subir les mongols en pleine hiver.
Ce que j’ai pu retenir de ces quinze jours passés dans ce campement, c’est une très grande fierté de ce peuple.
Aucune lamentation sur leurs conditions de vie.
J’ai eu la chance d’assister trois fois à une séance de capture d’un cheval faisant partie du troupeau. L’opération se fait avec un cavalier équipé d’une perche avec à son extrémité un lasso. Selon le cheval choisi, la capture se fait plus ou moins facilement.
Pendant ces quinze jours, nous aurons droit à quelques visites. Des enfants qui arrivent au grand galop et que notre présence intrigue.
Deux ou trois fois également un homme qui arrive en titubant.
La vodka est présente dans tout le pays et fait malheureusement des ravages sur la santé de ces habitants.
Les au revoirs seront chaleureux et plein d’émotions.
Je n’ai vu qu’un morceau infime de ce pays mais reste persuadé que les échanges que j’ai pu avoir avec Toro et Togui restent plus important qu’une visite éclair comme c'est le cas la plupart du temps dans les circuits touristiques.